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Noël 1919–1931 : Jacopozzi et les illuminations des grands magasins

Treize Noëls de suite, Fernand Jacopozzi a régné sur les illuminations des grands magasins parisiens. Des Magasins du Louvre au Bon Marché, il a inventé la vitrine animée telle que nous la connaissons encore.

Décembre 1919. La guerre est finie depuis un an. Les Parisiens ont besoin de fête. Les Grands Magasins du Louvre, place du Palais-Royal, font appel à Fernand Jacopozzi pour créer les premières illuminations civiles de l’après-guerre.

La façade des Magasins du Louvre, laboratoire de lumière

Le résultat stupéfie. Des décors animés de dix mètres de haut envahissent les façades. Les motifs sont si saisissants que les Magasins du Louvre les revendent à l’unité une fois les fêtes terminées — première occurrence connue du merchandising lumineux.

Pendant treize hivers consécutifs, jusqu’à sa mort en 1932, les Magasins du Louvre seront le client le plus fidèle de Jacopozzi. Sa pièce maîtresse : une cigogne d’Alsace de 4 600 ampoules qui déploie ses ailes au-dessus d’un village miniature, distribue des jouets, puis s’éloigne dans une neige artificielle qui s’arrête sur commande.

L’émulation des concurrents

Le succès provoque une guerre de lumière entre les grands magasins :

Au BHV — un clown jongle avec des balles lumineuses.

À la Samaritaine — le Père Noël descend une cheminée de lumière.

L’invention du Noël moderne

Sans le savoir, Fernand Jacopozzi a inventé ce qui deviendra un rituel mondial : la vitrine de Noël animée, lumineuse, narrative. Chaque année, des dizaines de milliers de Parisiens — dont de nombreux enfants des quartiers pauvres — faisaient le déplacement pour voir les nouvelles créations.

« Il créait ces illuminations pour que même les enfants pauvres aient droit à un spectacle féérique. » — Donatella Jacopozzi